L’homme - chauffeur - déménageur : Pas croyable le nombre de trajets que l’on peut faire afin de l’amener soit à un salon du livre, soit à une foire artisanale où elle présente ses créations, soit encore à l’enregistrement d’une émission télé, quand ce n’est pas pour donner une conférence dans un cercle littéraire ! Le chargement de tout ce matos dans la voiture commence à s’apparenter de plus en plus à une partie de Tetris ; je n’apprécie pas trop ce jeu.
Il y a tout de même des compensations. Je demeure son premier lecteur de confiance et, oh miracle, elle reste à l’écoute et prend note de mes remarques ! Il est vrai aussi que je rencontre pas mal de personnes intéressantes quand elle me sort de ma coquille confortable. Toutefois, pendant ces heures supplémentaires non payées, j’en profite pour discuter avec les autres chauffeurs-déménageurs et, ne le dites à personne, je pense qu’un mouvement social est en cours d’organisation… À BAS LES CADENCES INFERNALES !
L’ordinateur : Elle n’arrête jamais… Je la vois s’installer sur sa chaise, devant moi, à côté de son jardin chéri et quand ce ne sont pas ses deux chats, c'est elle qui me tape sur les touches et sur le système. Elle me fait exécuter des tours d’acrobatie pour aller d’une page à l’autre, d’une source historique à l’autre. Elle a soif de quoi la scribouille ? Et vas-y qu’elle me maltraite dans des aller-retour incessants, à corriger et à remanier, complètement sourde à mes gémissements de pauvre machine en souffrance. Heureusement, elle s’arrête parfois pour ouvrir la porte à ses minous ou pour cuisiner simple et bref et engloutir. …
Elle m’entraîne avec elle partout, même au bord de la Méditerranée, la terre de ses ancêtres. Pourtant, elle reste loin des croyances du Grec indolent, tirant de grand matin sa carcasse de tavernes en tavernes, le komboloï à la main. Pour elle, l’ouzo et le sirtaki c’est la nuit jusqu’au petit matin… Le jour, bercée par le ressac, elle pense à ses multiples projets, crée des histoires et élabore des plans sur la comète. Puis, elle me tape dessus, encore et encore, le sourire aux lèvres, son sombrero sur la tête.
Le grand frère : c’est un cheval de course, de bataille. Enfant, elle marchait en fonçant droit devant elle et filait, comme un canasson, ses longs cheveux noués en queue de… cheval ! Aujourd’hui elle m’étonne. Je suis fier de cette petite.
Le fils aîné : j’évoquerais le mythe de la Manticore, elle a l’œil perçant de l’aigle, la douceur du pelage du panda, la poche du kangourou, l’attention de la louve et la queue du scorpion.
Un petit-fils : elle est l’équivalent d’un couteau suisse, mais qu’on n’a pas toujours dans la poche.
La fille : c’est maman qui a écrit les dix commandements, enfin ceux de la maison :
Authenticité et honnêteté tu démontreras
Ainsi, punitions tu éviteras
Écouter avec attention tu feras
Ainsi, tout tu comprendras
Sourire à la vie tu feras
Car tout problème sa solution aura
Sereine tu resteras
Car ça aussi, cela passera
L’Histoire tu apprendras
Car être un peu instruite tu devras
Les histoires tu connaîtras
Car la famille te questionnera
Heureuse et fière tu es
Maman, intelligente et futée, elle est
Ta route jamais tu ne perds
Maman, claire et nette, elle se montre
Écrivaine et artiste, elle est
Cinglante et ironique, elle peut être
Magnanime, elle le peut
C’est pas faux, dirait l’un…
Son problème, c’est d’être trop gentille, dirait l'autre !
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